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La mer | 26 septembre 2007

 
   

La mer baigne la Saintonge
Je me baigne dans la mer
Juste aux lieux où se prolonge
Du fleuve aux Gascons si cher
L'onde jaunâtre en flot vert
Et l'eau douce en flot amer.
 
La côte, gâteau que ronge
Aujourd'hui, demain, hier,
La vague à la faim d'enfer,
S'y creuse en cirques de fer
Qu'un fin sable enferme et longe.
Là, sous jupe avec spencer
Les dames vont au flot clair ;
Mais gêné, le sexe fier
Se costume comme un ver.
 
Donc, fermant Platon et Blair,
Cuvier, Decandolle et Monge,
Bref tout livre sauf Schiller
Et le chantre de l'Enfer,
Tout le jour comme une éponge,
M'imbibant de sel ou d'air
Pour tonifier ma chair,
J'erre, hume, marche et plonge
Et soigne aussi mon gaster.
Puis, le soir venu, je songe
Quand les phares de l'éther,
Phébé, Vénus, Jupiter,
Des feux tournants de la mer
Éclipsant le rouge éclair
Dorent les flots de Saintonge.
Voilà pour Royan, Messer.
 
De Lyon, d'Abd-el-Kader,
De Biarritz, de Quimper,
Sache... mais, par Lucifer,
Ce billet sans fin s'allonge !
Coupons court ; assez, très-cher,
Adieu, le reste à l'hiver !
À toi de cœur, sans mensonge.
 
De Royan, près de la mer
Ce vingt-trois de September.

Henri Frederic Amiel

 

Publié par fleurdetiaree à 18:21:38 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

ballade des temps jadis | 25 septembre 2007

 
   

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ni Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sus étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine.
Mais où sont les neiges d'antan ?
 
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui châtré fut et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint Denis ?
Pour son amour eut cette essoyne.
Semblablement où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
 
La reine Blanche comme lys
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souv'raine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
 
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous ramène :
Mais où sont les neiges d'antan ?

Francois Villon

 

Publié par fleurdetiaree à 20:22:49 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Une amitié brisée | 24 septembre 2007

Une amitié brisée c'est un visage oublié

une pensée évanouie dans la noirceur de la nuit

Une amitié brisée c'est une parole sans mot

une promesse, un serment étouffé dans le vent

Une amitié brisée c'est une joie perdue

un bien qui s'est cassé et que l 'on ne peut raccorder

Une amitié brisée c'est une lueur qui s'éteind

là bas dans le lointain , noyée dans le chagrin

Une amitié brisée c'est des pleurs étouffés

dans les profondeurs de ton oreiller

et une amitié brisée c'est un adieu sans au revoir

un acte dépourvu de sens.....

Publié par fleurdetiaree à 20:40:00 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Regard | 23 septembre 2007

Cette fille au regard si doux

qui peut vous rendre fou d'un seul coup

yeux couleurs noisettes

expose toutes ses recettes

sourire radieux met en valeur ses yeux

doux cheveux longs m'inspirent que du bon

visage de joie doux comme la soie

des yeux pleins de tendresse

un regard de déesse.....

.....De Maos pour www.Alazais.net

Publié par fleurdetiaree à 13:57:14 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Apparition | 22 septembre 2007

Toi qui du jour mourant consoles la nature, Parais, flambeau des nuits, lève-toi dans les cieux; Etends autour de moi, sur la pâle verdure, Les douteuses clartés d'un jour mystérieux! Tous les infortunés chérissent ta lumière; L'éclat brillant du jour repousse leurs douleurs : Aux regards du soleil ils ferment leur paupière, Et rouvrent devant toi leurs yeux noyés de pleurs. Viens guider mes pas vers la tombe Où ton rayon s'est abaissé, Où chaque soir mon genou tombe Sur un saint nom presque effacé. Mais quoi! la pierre le repousse!... J'entends!... oui! des pas sur la mousse! Un léger souffle a murmuré; Mon oeil se trouble, je chancelle : Non, non, ce n'est plus toi; c'est elle Dont le regard m'a pénétré!... Est-ce bien toi? toi qui t'inclines Sur celui qui fut ton amant? Parle; que tes lèvres divines Prononcent un mot seulement. Ce mot que murmurait ta bouche Quand, planant sur ta sombre couche, La mort interrompit ta voix. Sa bouche commence... Ah! j'achève : Oui, c'est toi! ce n'est point un rêve! Anges du ciel, je la revois!... Ainsi donc l'ardente prière Perce le ciel et les enfers! Ton âme a franchi la barrière Qui sépare deux univers! Gloire à ton nom, Dieu qui l'envoie! Ta grâce a permis que je voie Ce que mes yeux cherchaient toujours. Que veux-tu? faut-il que je meure? Tiens, je te donne pour cette heure Toutes les heures de mes jours! Mais quoi! sur ce rayon déjà l'ombre s'envole! Pour un siècle de pleurs une seule parole! Est-ce tout?... C'est assez! Astre que j'ai chanté, J'en bénirai toujours ta pieuse clarté, Soit que dans nos climats, empire des orages, Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages, Tu perces rarement la triste obscurité; Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière, Dans un limpide azur poursuivant ta carrière, Des couleurs du matin tu dores les coteaux; Ou que, te balançant sur une mer tranquille, Et teignant de tes feux sa surface immobile, Tes rayons argentés se brisent dans les eaux!

.....Alphonse de Lamartine

Publié par fleurdetiaree à 14:24:34 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

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