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Première solitude | 26 novembre 2007

 On voit dans les sombres écoles Des petits qui pleurent toujours ; Les autres font leurs cabrioles, Eux, ils restent au fond des cours. Leurs blouses sont très bien tirées, Leurs pantalons en bon état, Leurs chaussures toujours cirées ; Ils ont l'air sage et délicat. Les forts les appellent des filles, Et les malins des innocents : Ils sont doux, ils donnent leurs billes, Ils ne seront pas commerçants. Les plus poltrons leur font des niches, Et les gourmands sont leurs copains ; Leurs camarades les croient riches, Parce qu'ils se lavent les mains. Ils frissonnent sous l'œil du maître, Son ombre les rend malheureux. Ces enfants n'auraient pas dû naître, L'enfance est trop dure pour eux ! Oh ! la leçon qui n'est pas sue, Le devoir qui n'est pas fini ! Une réprimande reçue, Le déshonneur d'être puni ! Tout leur est terreur et martyre : Le jour, c'est la cloche, et, le soir, Quand le maître enfin se retire, C'est le désert du grand dortoir ; La lueur des lampes y tremble Sur les linceuls des lits de fer ; Le sifflet des dormeurs ressemble Au vent sur les tombes, l'hiver. Pendant que les autres sommeillent, Faits au coucher de la prison, Ils pensent au dimanche, ils veillent Pour se rappeler la maison ; Ils songent qu'ils dormaient naguères Douillettement ensevelis Dans les berceaux, et que les mères Les prenaient parfois dans leurs lits. Ô mères, coupables absentes, Qu'alors vous leur paraissez loin ! À ces créatures naissantes Il manque un indicible soin ; On leur a donné les chemises, Les couvertures qu'il leur faut : D'autres que vous les leur ont mises, Elles ne leur tiennent pas chaud. Mais, tout ingrates que vous êtes, Ils ne peuvent vous oublier, Et cachent leurs petites têtes, En sanglotant, sous l'oreiller.

....Sully prudhomme

Publié par fleurdetiaree à 18:46:50 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Passion | 25 novembre 2007

Pour toi j'irai sur la lune Pour y cueillir des fleurs de dune Et accouplant les étoiles Lierais un collier sidéral. Ne pouvant nous évanouir Il faut rester pour le dire Au vol de la tourterelle Qui vient tournoyer dans le ciel. Car tes yeux sont des lueurs Où naviguent mes plus belles pensées Elles scintillent dans mon coeur Tout au long de l'éternité. Si je te prends par la main C'est la fraîcheur du matin Que l'éveil de ta beauté Aura pour toujours enivrée. Jamais la douceur d'un rêve Ne saura éteindre tes yeux Et la clarté de tes cheveux Accueille le jour quand tu te lève. La mélodie de tes mots Séjournant dans mes souvenirs Je ne saurais les en bannir Les blottissant, là, bien au chaud. Car dans les cieux de cet été Tu as glissé dans les airs Le parfum de ce grand mystère Qu'est le dernier de l'être aimé. Anady0mene pour www.alazais.net

Publié par fleurdetiaree à 13:03:00 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Merci pour vos visites | 24 novembre 2007

Publié par fleurdetiaree à 17:45:40 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Nuit de neige | 24 novembre 2007

 La grande plaine est blanche, immobile et sans voix. Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte. Mais on entend parfois, comme une morne plainte, Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois. Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes. L'hiver s'est abattu sur toute floraison ; Des arbres dépouillés dressent à l'horizon Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes. La lune est large et pâle et semble se hâter. On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère. De son morne regard elle parcourt la terre, Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter. Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde, Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ; Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement, Aux étranges reflets de la clarté blafarde. Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux ! Un vent glacé frissonne et court par les allées ; Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux, Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées. Dans les grands arbres nus que couvre le verglas Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ; De leur oeil inquiet ils regardent la neige, Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas. Auteur:Guy de MAUPASSANT

Publié par fleurdetiaree à 17:13:34 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Le flocon de neige | 23 novembre 2007

 Une mésange s'adresse à une colombe: -Dis-moi, quel est le poids d'un flocon de neige? Et la mésange de répondre: -Ça ne pèse pas, ça pèse moins que rien. -Attends, ma colombe, je vais te raconter une histoire. L'autre jour, j'étais sur la branche d'un sapin quand il a commencé à neiger. Tout doucement. Une petite neige tranquille, pas méchante, sans bruit et sans tempête. Comme je n'avais rien de mieux à faire, je me suis mise à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me trouvais. J'en ai compté 751 972. Oui, je commençais à avoir mal aux yeux et ça s'embrouillait un peu dans ma tête, mais je me rappelle bien: 751 972. Oui, c'est ça. Et quand le 751 973e flocon est tombé sur la branche, même si ça ne pèse pas, même si c'est rien, moins que rien comme tu le dis, eh! bien, figure-toi que la branche s'est cassée. La colombe se mit à réfléchir. Peut-être ne manque-t-il finalement que le geste d'une personne pour que le monde bascule, pour que bien des choses changent et pour que les gens vivent mieux. En lisant cela, vous vous posez peut-être la question: « Et moi, qu'est-ce que je fais dans tout ça? Quel poids a ma présence dans telle ou telle activité? À quoi ça va servir de m'engager plus? Ce ne sera qu'une goutte d'eau face à une mer de besoins, ce ne sera qu'une prière, qu'un mot d'encouragement, qu'une présence discrète. » Pensez à ce 751 973e flocon. C'est lui qui a tout changé! Chaque chose prise isolément a un poids bien dérisoire, mais l'accumulation de tous nos gestes de considération peut faire bouger pas mal de choses.

.....Source inconnue

Publié par fleurdetiaree à 19:11:50 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

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