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Aimer | 01 octobre 2007

 Aimer aide à connaître, connaître aide à comprendre, comprendre aide à aimer. Aimer c'est, attendre son retour. Aimer c'est, découvrir qu'on a besoin des autres pour devenir soi-même. Aimer c'est, donner à quelqu'un le droit, sinon le devoir, de nous faire souffrir. Aimer c'est, donner rendez-vous au bonheur dans le palais du hasard. Aimer c'est, être aimé... Aimer c'est, être égoïstes ensemble. Aimer c'est, être inquiet de l'autre. Aimer c'est, faire taire le "moi" pour pouvoir entendre le "toi". Aimer c'est, faire tous les deux le même rêve. Aimer c'est, la consoler lorsqu'elle a de la peine. Aimer c'est, la protéger lorsqu'elle a peur. Aimer c'est, la réchauffer lorsqu'elle a froid. Aimer c'est, la somme de beaucoup de petites choses. Aimer c'est, lui dire je t'aime en le regardant dans les yeux, sans regret. Aimer c'est, ne pas comparer. Aimer c'est, ne plus avoir droit au soleil de tout le monde; on a le sien. Aimer c'est, partager avec un être ce qu'on n'a envie de partager avec aucun autre. Aimer c'est, quelque chose qui vous prend brusquement. Aimer c'est, se choisir quelqu'un et se faire prendre par lui. Aimer c'est, trouver, grâce à un autre, sa vérité et aider cet autre à trouver la sienne. C'est créer une complicité passionnée. Aimer c'est... trouver sa richesse hors de soi. Aimer c'est facile mais le plus difficile, c'est de se faire aimer de celui qu'on aime. Aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. Aimer est un mauvais sort, comme ceux qu'il y a dans les contes, contre quoi on ne peut rien jusqu'à ce que l'enchantement ait cessé. Aimer et être aimé, c'est profiter du soleil des deux côtés. Aimer et être aimé... voilà l'idéal. Aimer la vie, aimer les roses, aimer l'amour. Aimer n'importe quoi MAIS aimer toujours. Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite, on n'a pas d'autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. Aimer quelqu'un, c'est reconnaître son don, l'aider à l'exercer et à l'approfondir. Aimer ... . . . .

Publié par fleurdetiaree à 17:50:53 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Soleil et chair | 30 septembre 2007

  le foyer de tendresse et de vie, Verse l'amour brûlant à la terre ravie, Et, quand on est couché sur la vallée, on sent Que la terre est nubile et déborde de sang ; Que son immense sein, soulevé par une âme, Est d'amour comme Dieu, de chair comme la femme, Et qu'il renferme, gros de sève et de rayons, Le grand fourmillement de tous les embryons ! Et tout croît, et tout monte ! - Ô Vénus, ô Déesse ! Je regrette les temps de l'antique jeunesse, Des satyres lascifs, des faunes animaux, Dieux qui mordaient d'amour l'écorce des rameaux Et dans les nénufars baisaient la Nymphe blonde ! Je regrette les temps où la sève du monde, L'eau du fleuve, le sang rose des arbres verts Dans les veines de Pan mettaient un univers ! Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ; Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre Modulait sous le ciel le grand hymne d'amour ; Où, debout sur la plaine, il entendait autour Répondre à son appel la Nature vivante ; Où les arbres muets, berçant l'oiseau qui chante, La terre berçant l'homme, et tout l'Océan bleu Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu ! Je regrette les temps de la grande Cybèle Qu'on disait parcourir, gigantesquement belle, Sur un grand char d'airain, les splendides cités ; Son double sein versait dans les immensités Le pur ruissellement de la vie infinie. L'Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie, Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux. - Parce qu'il était fort, l'Homme était chaste et doux. Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses, Et va, les yeux fermés et les oreilles closes. Et pourtant, plus de dieux ! plus de dieux ! l'Homme est Roi, L'Homme est Dieu ! Mais l'Amour, voilà la grande Foi ! Oh ! si l'homme puisait encore à ta mamelle, Grande mère des dieux et des hommes, Cybèle ; S'il n'avait pas laissé l'immortelle Astarté Qui jadis, émergeant dans l'immense clarté Des flots bleus, fleur de chair que la vague parfume, Montra son nombril rose où vint neiger l'écume, Et fit chanter, Déesse aux grands yeux noirs vainqueurs, Le rossignol aux bois et l'amour dans les coeurs ! II Je crois en toi ! je crois en toi ! Divine mère, Aphrodite marine ! - Oh ! la route est amère Depuis que l'autre Dieu nous attelle à sa croix ; Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c'est en toi que je crois ! - Oui, l'Homme est triste et laid, triste sous le ciel vaste. Il a des vêtements, parce qu'il n'est plus chaste, Parce qu'il a sali son fier buste de dieu, Et qu'il a rabougri, comme une idole au feu, Son cors Olympien aux servitudes sales ! Oui, même après la mort, dans les squelettes pâles Il veut vivre, insultant la première beauté ! - Et l'Idole où tu mis tant de virginité, Où tu divinisas notre argile, la Femme, Afin que l'Homme pût éclairer sa pauvre âme Et monter lentement, dans un immense amour, De la prison terrestre à la beauté du jour, La Femme ne sait plus même être courtisane ! - C'est une bonne farce ! et le monde ricane Au nom doux et sacré de la grande Vénus ! III Si les temps revenaient, les temps qui sont venus ! - Car l'Homme a fini ! l'Homme a joué tous les rôles ! Au grand jour, fatigué de briser des idoles, Il ressuscitera, libre de tous ses Dieux, Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux ! L'Idéal, la pensée invincible, éternelle, Tout ; le dieu qui vit, sous son argile charnelle, Montera, montera, brûlera sous son front ! Et quand tu le verras sonder tout l'horizon, Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte, Tu viendras lui donner la Rédemption sainte ! - Splendide, radieuse, au sein des grandes mers Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers L'Amour infini dans un infini sourire ! Le Monde vibrera comme une immense lyre Dans le frémissement d'un immense baiser ! - Le Monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser. Ô ! L'Homme a relevé sa tête libre et fière ! Et le rayon soudain de la beauté première Fait palpiter le dieu dans l'autel de la chair ! Heureux du bien présent, pâle du mal souffert, L'Homme veut tout sonder, - et savoir ! La Pensée, La cavale longtemps, si longtemps oppressée S'élance de son front ! Elle saura Pourquoi !... Qu'elle bondisse libre, et l'Homme aura la Foi ! - Pourquoi l'azur muet et l'espace insondable ? Pourquoi les astres d'or fourmillant comme un sable ? Si l'on montait toujours, que verrait-on là-haut ? Un Pasteur mène-t-il cet immense troupeau De mondes cheminant dans l'horreur de l'espace ? Et tous ces mondes-là, que l'éther vaste embrasse, Vibrent-ils aux accents d'une éternelle voix ? - Et l'Homme, peut-il voir ? peut-il dire : Je crois ? La voix de la pensée est-elle plus qu'un rêve ? Si l'homme naît si tôt, si la vie est si brève, D'où vient-il ? Sombre-t-il dans l'Océan profond Des Germes, des Foetus, des Embryons, au fond De l'immense Creuset d'où la Mère-Nature Le ressuscitera, vivante créature, Pour aimer dans la rose, et croître dans les blés ?... Nous ne pouvons savoir ! - Nous sommes accablés D'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères ! Singes d'hommes tombés de la vulve des mères, Notre pâle raison nous cache l'infini ! Nous voulons regarder : - le Doute nous punit ! Le doute, morne oiseau, nous frappe de son aile... - Et l'horizon s'enfuit d'une fuite éternelle !... Le grand ciel est ouvert ! les mystères sont morts Devant l'Homme, debout, qui croise ses bras forts Dans l'immense splendeur de la riche nature ! Il chante... et le bois chante, et le fleuve murmure Un chant plein de bonheur qui monte vers le jour !... - C'est la Rédemption ! c'est l'amour ! c'est l'amour !... IV Ô splendeur de la chair ! ô splendeur idéale ! Ô renouveau d'amour, aurore triomphale Où, courbant à leurs pieds les Dieux et les Héros, Kallipyge la blanche et le petit Éros Effleureront, couverts de la neige des roses, Les femmes et les fleurs sous leurs beaux pieds écloses ! - Ô grande Ariadné, qui jettes tes sanglots Sur la rive, en voyant fuir là-bas sur les flots, Blanche sous le soleil, la voile de Thésée, Ô douce vierge enfant qu'une nuit a brisée, Tais-toi ! Sur son char d'or brodé de noirs raisins, Lysios, promené dans les champs Phrygiens Par les tigres lascifs et les panthères rousses, Le long des fleuves bleus rougit les sombres mousses. - Zeus, Taureau, sur son cou berce comme une enfant Le corps nu d'Europé, qui jette son bras blanc Au cou nerveux du Dieu frissonnant dans la vague. Il tourne lentement vers elle son oeil vague ; Elle, laisse traîner sa pâle joue en fleur, Au front de Zeus ; ses yeux sont fermés ; elle meurt Dans un divin baiser, et le flot qui murmure De son écume d'or fleurit sa chevelure. - Entre le laurier-rose et le lotus jaseur Glisse amoureusement le grand Cygne rêveur Embrassant la Léda des blancheurs de son aile ; - Et tandis que Cypris passe, étrangement belle, Et, cambrant les rondeurs splendides de ses reins, Étale fièrement l'or de ses larges seins Et son ventre neigeux brodé de mousse noire, - Héraclès, le Dompteur, qui, comme d'une gloire, Fort, ceint son vaste corps de la peau du lion, S'avance, front terrible et doux, à l'horizon ! Par la lune d'été vaguement éclairée, Debout, nue, et rêvant dans sa pâleur dorée Que tache le flot lourd de ses longs cheveux bleus, Dans la clairière sombre où la mousse s'étoile, La Dryade regarde au ciel silencieux... - La blanche Séléné laisse flotter son voile, Craintive, sur les pieds du bel Endymion, Et lui jette un baiser dans un pâle rayon... - La Source pleure au loin dans une longue extase... C'est la Nymphe qui rêve, un coude sur son vase, Au beau jeune homme blanc que son onde a pressé. - Une brise d'amour dans la nuit a passé, Et, dans les bois sacrés, dans l'horreur des grands arbres, Majestueusement debout, les sombres Marbres, Les Dieux, au front desquels le Bouvreuil fait son nid, - Les Dieux écoutent l'Homme et le Monde infini !

.....Arthur rimbaud

Publié par fleurdetiaree à 13:53:55 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Merci | 29 septembre 2007

Merci pour vos coms mais n'oubliez pas que jai mis un livre d'or alors n'hésitez pas à le signer à bientot

Publié par fleurdetiaree à 18:03:13 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

Le cheval dans une ile | 29 septembre 2007

  Celui-là c'est le cheval qui vit tout seul quelque part très loin dans une île. Il mange un peu d'herbe ; derrière lui, il y a un bateau, est le bateau sur lequel le cheval est venu, c'est le bateau sur lequel il va repartir. Ce n'est pas un cheval solitaire, il aime beaucoup la compagnie des autres chevaux, tout seul, il s'ennuie, il voudrait faire quelque chose être utile aux autres. Il continue à manger de l'herbe et, pendant qu'il mange, il pense à son grand projet. Son grand projet c'est de retourner chez les chevaux pour leur dire: "Il faut que cela change" et les chevaux demanderont: "Qu'est-ce qui doit changer?" et lui, il répondra: "C'est notre vie qui doit changer, elle est trop misérable, nous sommes trop malheureux, cela ne peut pas durer." Mais les plus gros chevaux, les mieux nourris, ceux qui traînent les corbillards des grands de ce monde, les carrosses des rois et qui portent sur la tête un grand chapeau de paille de riz voudront l'empêcher de parler et lui diront: "De quoi te plains-tu, cheval, n'es-tu pas la plus noble conquête de l'homme?" Et ils se moqueront de lui. Alors tous les autres chevaux, les pauvres traîneurs de camion n'oseront pas donner leur avis. Mais lui, le cheval qui réfléchit dans l'île, il élèvera la voix: "S'il est vrai que je suis la plus noble conquête de l'homme, je ne veux pas être en reste avec lui. "L'homme nous a comblés de cadeaux mais l'homme a été trop généreux avec nous, l'homme nous a donné le fouet, l'homme nous a donné la cravache, les éperons, les oeillères, les brancards, il nous a mis du fer dans la bouche et du fer sous les pieds, c'était froid, mais il nous a marques au fer rouge pour nous réchauffer... ",Pour moi, c'est fini, il peut reprendre ses bijoux, qu'en pensez-vous? Et pourquoi a-t-il écrit sérieusement et en grosses lettres sur les murs... sur les murs de ses écuries, sur les murs de ses casernes de cavalerie, sur les murs de ses abattoirs, de ses hippodromes et de ses boucheries hippophagiques*: Soyez bons pour les Animaux "Avouez tout de même que c'est se moquer du monde des chevaux!" Alors, tous les autres pauvres chevaux commenceront a comprendre et tous ensemble ils s'en iront trouver les hommes et ils leur parleront très fort. Les chevaux: "Messieurs nous voulons bien traîner vos voitures vos charrues, faire vos courses et tout le travail, mais reconnaissons que c'est un service que nous vous rendons, il faut nous en rendre aussi; souvent, vous nous mangez quand nous sommes morts, il n'y a rien à dire là-dessus, si vous aimez ça c'est comme pour le petit déjeuner du matin, il y en a qui prennent de l'avoine au café au lit, d'autres de l'avoine au chocolat, chacun ses goûts, mais souvent aussi, vous nous frappez, cela ne doit plus se reproduire "De plus, nous voulons de l'avoine tous les jours; de l'eau fraîche tous les jours et puis des vacances et qu'on nous respecte, nous sommes des chevaux, on n est pas des boeufs. " Premier qui nous tape dessus on le mord. " " Deuxième qui nous tape dessus on le tue, voilà. " Et les hommes comprendront qu'ils ont été un peu fort, ils deviendront plus raisonnables. Il rit le cheval en pensant à toutes les choses qui arriveront sûrement un jour. Il a envie de chanter, mais il est tout seul, et il n'aime que chanter en chœur, alors il crie tout de même: "Vive la liberté!" Dans d'autres îles, d'autres chevaux l'entendent et ils crient à leur tour de toutes leurs forces: "Vive la liberté!" Tous les hommes des îles et ceux du continent entendent des cris et se demandent ce que c'est, puis ils se rassurent et disent en haussant les épaules: "Ce n'est rien, C'est des chevaux." Mais ils ne se doutent pas de ce que les chevaux leur préparent.

.....Jacques Prévert

Publié par fleurdetiaree à 15:34:17 dans rayondesoleil | Commentaires (1) |

L'avril boréal | 28 septembre 2007

 Est-ce l'avril ? Sur la colline Rossignole une voix câline, De l'aube au soir. Est-ce le chant de la linotte ? Est-ce une flûte ? est-ce la note Du merle noir ? Malgré la bruine et la grêle, Le virtuose à la voix frêle Chante toujours ; Sur mille tons il recommence La mélancolique romance De ses amours. Le chanteur, retour des Florides, Du clair azur des ciels torrides Se souvenant, Dans les bras des hêtres en larmes Dis ses regrets et ses alarmes À tout venant. Surpris dans son vol par la neige, Il redoute encor le cortège Des noirs autans ; Et sa vocalise touchante Soupire et jase, pleure et chante En même temps. Fuyez, nuages, giboulées, Grêle, brouillards, âpres gelées, Vent boréal ! Fuyez ! La nature t'implore, Tardive et languissante aurore De floréal. Avec un ciel bleu d'améthyste, Avec le charme vague et triste Des bois déserts, Un rythme nouveau s'harmonise. Doux rossignol, ta plainte exquise Charme les airs ! Parfois, de sa voix la plus claire, L'oiseau, dont le chant s'accélère, Égrène un tril : Dans ce vif éclat d'allégresse, C'est vous qu'il rappelle et qu'il presse, Beaux jours d'avril. Déjà collines et vallées Ont vu se fondre aux soleillées Neige et glaçons ; Et, quand midi flambe, il s'élève Des senteurs de gomme et de sève Dans les buissons. Quel souffle a mis ces teintes douces Aux pointes des frileuses pousses ? Quel sylphe peint De ce charmant vert véronèse Les jeunes bourgeons du mélèze Et du sapin ? Sous les haleines réchauffées Qui nous apportent ces bouffées D'air moite et doux, Il nous semble que tout renaisse. On sent comme un flot de jeunesse Couler en nous. Tout était mort dans les futaies ; Voici, tout à coup, plein les haies, Plein les sillons, Du soleil, des oiseaux, des brises, Plein le ciel, plein les forêts grises, Plein les vallons. Ce n'est plus une voix timide Qui prélude dans l'air humide, Sous les taillis ; C'est une aubade universelle ; On dirait que l'azur ruisselle De gazouillis. Devant ce renouveau des choses, Je rêve des idylles roses ; Je vous revois, Prime saison, belles années, De fleurs de rêve couronnées, Comme autrefois. Et, tandis que dans les clairières Chuchotent les voix printanières, Et moi j'entends Rossignoler l'âme meurtrie, La tant douce voix attendrie De mes printemps!

.....Nérée Beauchemin

Publié par fleurdetiaree à 20:10:53 dans rayondesoleil | Commentaires (0) |

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